Être rappelé




    Smartphone et feuilles montrant des graphiques et diagrammes sur un bureau

    Louer ou acheter les smartphones de son entreprise ?

    Équiper ses salariés en smartphones professionnels pose vite une question de fond : faut-il les acheter ou les louer ? La réponse dépend moins du prix affiché que de la taille du parc, de la trésorerie mobilisée et du temps que la gestion des appareils va coûter. Cet article compare honnêtement les deux modèles, chiffres à l’appui, et indique dans quels cas chacun reste le bon choix.

    La réponse courte

    Pour un parc de quelques appareils que l’entreprise garde longtemps et gère elle-même, l’achat reste simple et souvent moins cher. À partir d’une dizaine d’appareils, et surtout au-delà, ce n’est plus le prix d’achat qui pèse, mais le capital immobilisé, les pannes à financer au coup par coup, le temps de gestion et la revente en fin de vie. C’est là que la location tout inclus reprend l’avantage, parce qu’elle transforme tous ces coûts cachés en une charge mensuelle prévisible.

    Les 4 vrais critères de décision

    Le choix ne se joue pas sur le prix de l’appareil, mais sur quatre paramètres que le calcul rapide oublie :

    1. La durée de conservation. Gardez-vous vos appareils 4 ans ou les renouvelez-vous tous les 2 à 3 ans ? Plus la durée est courte, plus la location est compétitive.
    2. La trésorerie. Acheter, c’est immobiliser du capital dès le premier jour. Louer étale la charge et préserve la trésorerie pour le cœur de métier.
    3. Le besoin de SAV et de continuité. Un appareil en panne, c’est un collaborateur bloqué. Qui remplace, en combien de temps, à quel coût ?
    4. La fin de vie des appareils. Que deviennent les smartphones au bout du contrat ? Revente, recyclage, restitution : c’est un poste de coût et de gestion réel, souvent négligé.

    Achat ou location : le comparatif

    CritèreAchatLocation tout inclus
    Coût de départÉlevé : capital immobilisé dès J+1Nul : première mensualité seulement
    Coût mensuelAucun en apparence, mais pannes et gestion à financerPrévisible et lissé, tout compris
    TrésorerieImmobiliséePréservée
    SAV et pannesÀ la charge de l’entreprise, au coup par coupRemplacement en 24h inclus
    RenouvellementÀ financer intégralementIntégré au contrat suivant
    Fin de vieRevente ou recyclage à organiser soi-mêmeRestitution gérée, appareils reconditionnés
    Gestion administrativeInterne (commandes, incidents, factures)Centralisée dans un espace client
    Empreinte carboneSelon l’appareil choisiDivisée par deux (reconditionné en location)

    L’exemple chiffré : un iPhone 15 reconditionné

    Prenons un iPhone 15 reconditionné en parfait état, un choix courant pour équiper des équipes sans payer le premium du dernier modèle.

    En location, cet appareil revient à 23 € HT par mois sur 36 mois, soit 828 € HT sur toute la durée, assurance, SAV, remplacement en 24h, gestion et restitution compris. La TVA se récupère normalement, donc ces 828 € HT correspondent au coût réellement supporté par l’entreprise. Sur 24 mois, la mensualité est de 26 € HT.

    En achat, le même appareil se trouve autour de 550 à 600 € sur les marketplaces spécialisées. À première vue, l’achat coûte donc bien moins cher que les 828 € de la location. Mais deux éléments faussent cette comparaison rapide.

    D’abord, la fiscalité. Le reconditionné vendu sur les marketplaces l’est très souvent en TVA sur marge : contrairement à un achat classique, l’entreprise ne récupère pas la TVA sur ce type de vente. Le prix payé est donc le coût réel, sans récupération possible. La location, elle, est facturée en HT avec TVA récupérable à 20%. La comparaison honnête se fait donc entre un coût d’achat non récupérable et un coût de location HT réellement supporté, pas entre deux montants de nature fiscale différente. C’est un angle mort fréquent : beaucoup d’entreprises comparent un prix TTC non récupérable à un prix HT sans le savoir.

    Ensuite, les coûts que l’achat porte à côté. Le prix d’acquisition seul oublie systématiquement :

    • le capital immobilisé dès le premier jour, multiplié par le nombre d’appareils ;
    • les casses et pannes à financer une par une, sans plafond ni garantie ;
    • le temps de gestion des incidents, des commandes et des factures, assuré en interne ;
    • la dépréciation de l’appareil, dont il faudra bien faire quelque chose en fin de vie.

    Une fois la fiscalité correctement lue et ces postes réintégrés, l’écart facial se resserre, et s’inverse dès que le parc grandit ou qu’un appareil tombe en panne. La location intègre tout cela dans les 23 € mensuels, sur lesquels la TVA se récupère normalement ; l’achat affiche un prix bas mais laisse ces coûts hors du calcul initial, pour les faire ressurgir plus tard.

    Un point propre à notre modèle mérite d’être noté : LeasePhone est d’abord un reconditionneur. En fin de contrat, l’appareil garde une valeur, et c’est sur cette seconde vie que se fait notre marge. Le client professionnel ne paie donc que le coût réel de son usage, pas un taux de financement.

    Le vrai obstacle de l’achat en volume : l’approvisionnement

    Il y a un problème plus concret encore que le prix, et qui apparaît dès qu’on ne raisonne plus sur un appareil mais sur une flotte : acheter en masse sur une marketplace est compliqué, souvent impossible. Le prix affiché pour un iPhone reconditionné vaut pour une ou deux unités, pas pour cinquante ou cent exemplaires identiques, du même modèle, dans le même grade, livrés en même temps.

    Plusieurs mécanismes propres aux marketplaces l’expliquent :

    • Les stocks sont courts. La plupart des vendeurs de reconditionné travaillent sur des volumes limités et rotatifs. Trouver cent unités du même modèle au même grade relève souvent de l’impossible à un instant donné.
    • Les prix ne sont pas stables. Le prix que vous voyez aujourd’hui peut avoir changé demain, parce que le vendeur n’a plus de stock, parce qu’un concurrent a baissé son prix et récupéré la « buy box », parce que la marketplace a pénalisé un vendeur dont la qualité a baissé, ou simplement parce que la plateforme a modifié son algorithme d’affichage.
    • Les vendeurs tournent. D’un achat à l’autre, vous n’avez aucune garantie de retomber sur le même fournisseur, ni sur la même qualité de reconditionnement, ni sur le même niveau de service après-vente.

    Autrement dit, le prix unitaire attractif d’une marketplace est une photographie instantanée, pas une base d’approvisionnement fiable pour équiper une entreprise. Constituer une flotte homogène suppose un stock disponible, un grade constant, un interlocuteur unique et des conditions stables dans le temps, ce que la logique d’enchères d’une marketplace ne permet pas structurellement.

    C’est précisément ce qu’apporte un reconditionneur qui gère ses propres stocks : la capacité de fournir des appareils homogènes en volume, au même grade, avec un service identique sur toute la flotte et dans la durée. La comparaison honnête n’est donc pas « louer à 23 € contre acheter à 557 € », mais « louer une flotte homogène et gérée contre tenter d’assembler cette même flotte unité par unité, à prix mouvant, sans garantie de continuité ».

    Le sérieux du fournisseur : un enjeu B2B que le modèle marketplace ignore

    Au-delà du prix et du stock se pose une question que toute entreprise devrait se poser avant d’acheter : à qui s’adresse-t-on réellement, et ce vendeur sera-t-il encore là dans un an en cas de problème ?

    Sur les marketplaces, une part des vendeurs de reconditionné sont des structures éphémères, parfois établies dans des juridictions à la fiscalité laxiste, qui peuvent disparaître en quelques mois pour rouvrir sous un autre nom. Pour un particulier qui achète un appareil, le risque est limité. Pour une entreprise qui équipe une flotte et devra la faire vivre pendant deux ou trois ans, l’identité et la pérennité du fournisseur deviennent un critère de premier plan : c’est vers lui qu’il faudra se tourner en cas de panne, de litige ou de besoin d’appareils supplémentaires.

    La seule garantie qu’apporte réellement une marketplace est un remboursement, généralement sous une semaine, si le vendeur ne résout pas le problème. Mais un remboursement n’est pas un dépannage. Et c’est là que se joue la vraie différence entre B2C et B2B.

    Un particulier veut être remboursé. Une entreprise veut être dépannée. Quand un smartphone tombe en panne dans une flotte, l’enjeu n’est pas de récupérer son argent : c’est de remettre un collaborateur en état de travailler, vite. Le processus d’une marketplace — le vendeur dispose d’un délai pour répondre, il faut renvoyer l’appareil, attendre son traitement, puis éventuellement le remboursement — peut prendre une à deux semaines. Pendant ce temps, le collaborateur est bloqué. Ce délai, acceptable pour un achat personnel, est un coût réel pour une organisation.

    La logique des marketplaces est pensée pour le B2C : prix bas à l’unité, protection par le remboursement, autonomie de l’acheteur. Elle s’applique beaucoup moins bien au B2B, où comptent la continuité de service, la rapidité de dépannage et la présence d’un interlocuteur identifié et durable. C’est exactement ce que couvre un contrat de location tout inclus : un fournisseur unique, engagé sur la durée du contrat, avec un remplacement en 24h là où la marketplace propose, au mieux, un remboursement en une semaine.

    Dans quels cas l’achat reste pertinent

    Soyons clairs : l’achat n’est pas une mauvaise décision par principe. Il reste cohérent quand :

    • le parc est réduit (quelques appareils), et la gestion tient sur un coin de bureau ;
    • l’entreprise conserve ses appareils longtemps (4 ans ou plus), ce qui lisse le coût d’acquisition ;
    • il n’y a pas de besoin critique de continuité : un appareil immobilisé quelques jours ne bloque pas l’activité ;
    • l’entreprise dispose déjà d’une organisation interne pour gérer commandes, incidents et fin de vie.

    En dessous d’un certain volume, acheter et gérer soi-même fonctionne parfaitement. C’est au-delà que l’équation change.

    Dans quels cas la location s’impose

    La location prend l’avantage dès que la gestion du parc devient un métier en soi :

    • à partir d’une dizaine d’appareils, et plus encore au-delà de la centaine ;
    • quand un appareil en panne signifie un collaborateur bloqué, et qu’un remplacement en 24h devient nécessaire ;
    • quand la trésorerie a mieux à faire que de dormir dans du matériel ;
    • quand l’entreprise veut des appareils toujours récents, renouvelés sans nouvel investissement lourd ;
    • quand la démarche RSE compte : la location de reconditionné divise par deux l’empreinte carbone de la flotte, mesure validée en 2023 par le cabinet externe Take Air.

    Le service qui entoure l’appareil fait alors toute la différence : remplacement en 24h porté par DHL, déclaration centralisée des incidents dans un espace client, facturation par entité, restitution tracée par utilisateur. Sur nos flottes, le taux de panne tourne autour de 4% et le taux de sinistre assurance reste sous les 2%, ce qui explique que, dans 98% des cas, les entreprises renouvellent et agrandissent leur parc après leur premier contrat.

    Questions fréquentes

    La location revient-elle plus cher au final ?
    Sur le seul prix de l’appareil, l’achat paraît moins cher. Mais deux choses faussent ce constat rapide. D’une part, le reconditionné acheté sur marketplace est souvent en TVA sur marge, non récupérable, alors que la location est en HT avec TVA récupérable : on ne compare donc pas des montants équivalents. D’autre part, la location inclut l’assurance, le SAV, le remplacement en 24h, la gestion et la restitution, autant de coûts que l’achat fait supporter séparément. Une fois ces éléments réintégrés, l’écart se resserre et s’inverse dès que le parc grandit.

    Qui gère les pannes en location ?
    Le remplacement est porté en 24h : dès la déclaration d’un incident depuis l’espace client, un appareil de remplacement part par DHL. La couverture est portée en propre, sans assureur tiers, avec une garantie illimitée contre les pannes et une assurance casse, vol et oxydation.

    Que se passe-t-il en fin de contrat ?
    Les appareils sont restitués, avec un suivi tracé par utilisateur qui détaille l’état de chaque terminal. Ils repartent ensuite en reconditionnement pour une nouvelle vie, ce qui referme la boucle de l’économie circulaire.

    Peut-on louer des appareils reconditionnés plutôt que neufs ?
    Oui, c’est même le cœur de notre modèle. Le reconditionné en location réduit l’empreinte carbone de moitié par rapport au neuf, tout en offrant des appareils fiables : le taux de panne sur nos flottes reste autour de 4%.

    Peut-on acheter une flotte entière de reconditionnés sur une marketplace ?
    En pratique, c’est difficile pour un volume important. Les stocks des vendeurs sont courts et rotatifs, les prix bougent en permanence selon la disponibilité et la concurrence entre vendeurs, et rien ne garantit de retrouver le même modèle, le même grade ou le même niveau de qualité d’un achat à l’autre. Constituer une flotte homogène suppose un stock dédié et un interlocuteur unique, ce qu’un reconditionneur gérant ses propres appareils peut offrir, contrairement à la logique d’enchères d’une marketplace.

    En cas de panne, la marketplace ne me protège-t-elle pas déjà ?
    Une marketplace garantit surtout un remboursement si le vendeur ne résout pas le problème, généralement sous une semaine et après renvoi de l’appareil. Pour une entreprise, l’enjeu n’est pas d’être remboursé mais d’être dépanné vite : un collaborateur sans téléphone est bloqué. Un remplacement en 24h répond à ce besoin, là où le remboursement d’une marketplace, pensé pour un usage particulier, laisse l’appareil indisponible une à deux semaines.

    La gestion des appareils (MDM, enrôlement) est-elle incluse ?
    La location inclut le SAV, l’assurance et la gestion administrative du parc. Les solutions de gestion de terminaux comme le MDM ou l’enrôlement Knox sont disponibles en option, selon les besoins de l’entreprise.

    En résumé

    La bonne question n’est pas « quel est le prix de l’appareil ? » mais « combien va me coûter, sur toute sa durée, un parc que je dois financer, gérer et renouveler ? ». Pour un petit parc conservé longtemps, l’achat garde du sens. Dès que la flotte grandit et que la continuité de service compte, la location tout inclus reprend l’avantage.

    Pour approfondir, consultez notre analyse du vrai coût d’une flotte de smartphones (TCO) et notre guide complet du DaaS en entreprise, découvrez le cas concret d’un acteur passé de l’achat à la location de Samsung, ou demandez un devis adapté à la taille de votre parc.

    Rédigé par

    Michel Abram est le fondateur de Leasephone, spécialiste de la location de smartphones et flottes mobiles pour les entreprises. Il accompagne depuis plusieurs années les organisations dans la gestion et l'optimisation de leur parc mobile.